L’agent défavorable
mars 11th, 2010Bonsoir à tous,
Ce matin, comme bien souvent, je me rendis au travail ; prenant le métro qui rugissait sous terre, en attente d’aller quelque part, restant sur place, mais pourtant me déplaçant à grande vitesse. Il est intéressant de voir la relativité de la chose lorsque l’on se trouve dans un véhicule sur rail. Quoi qu’il en soit, j’eus oublié mon livre de poche et cherchant quelque chose à faire, je décidai - et plus tard me remerciant de ce choix judicieux - de respirer profondément ; tâchai de me trouver dans l’ici et le maintenant ; dans le Tao. Malgré toutes les pensées qui vinrent et respartirent, je pus, par la respiration, me centrer sur celle-ci et je parvins à un certain calme intérieur, malgré toute la pollution sonore et motrice qui se trouva autour de moi.
Qu’il est cruel, mon mental : si proéminent et sans aucun mur qui le retient, étendant ses ailes jusqu’aux coins du ciel. À chaque moment ou mes pensées fleurissent telles des hydrophores aux langes de mon ciel intérieur, celà m’est dû à un échantillon de joie ou de tristesse passagères. Et si souvent il m’arrive de tourner en rond de par les voix qui se font forêts sans fin au détour du songe interne !
Mais aujourd’hui, quelques minutes, obtu, rangé dans un wagon du métro, avalé par sa cuirasse mobile, je succombai un une émotion que je connais maintenant car il ne m’arrive pas souvent d’y faire face ; et quel délice que ce moment présent ! Prenons le temps d’être où nous sommes sans se contraindre à penser au passé ou au futur. Si nous sommes dans le train, eh bien, nous y sommes ; rien d’autre que cela existe. L’emploi à remplir dans la journée n’est pas une donnée importante lorsque nous nous y rendons et le souper du soir n’en est pas moins futile lorsque nous revenons du travail. Cessons l’immonde abjection qu’est le bavardage interne et cessons donc de nous duper à croire que ce que nous vivons est réel lorsque nous ne sommes que les esclaves du temps !
Je m’amuse en ce moment au délice de la respiration profonde, comme un souffle lointain provenant d’une grotte sans fond et d’où jonglent les ombres du néant, siffant sans mot ce que l’on pourrait nommer injustement l’amour.
Que fais-je ici et maintenant ? Quel en est le but ? Quelles sont mes pensées et mes émotions ? Qu’ai-je capté aujourd’hui par mes cinq sens ? Peut-être ces impressions ont-elles pris contrôle sur mon esprit. Combien de fois ai-je été présent, combien de temps, et surtout, de quoi ?
Cet endroit m’est familier… Prends-je le temps de conscientiser mon regard sur l’appartement dans lequel j’habite. Ou bien l’appartement m’habite peut-être….
Mon Dieu, fais moi vivre le jour, et non que je lui serve d’attrait.